Aujourd’hui, plus d’un nouveau cas de cancer sur trois touche les personnes de 75 ans et plus. Des cancers diagnostiqués à un stade plus avancé et des traitements pas toujours bien adaptés …

 

39_Couverture rapport Ligue cancer

Le 6ème rapport de l’Observatoire sociétal des cancers, publié par Ligue contre le cancer, met en lumière la vie des seniors de 75 ans et plus confrontés à un cancer et dresse un panorama complet de ce que signigie vivre avec un cancer lorsque l’on est âgé.

Chaque année, sur 385 000 nouveaux cancers diagnostiqués, plus de 120 000 le sont chez les personnes âgées de 75 ans et + (63 500 chez les hommes et 58 300 chez les femmes).

 

Un diagnostic retardé

Plusieurs raisons expliquent le diagnostic tardif d’un cancer chez les plus de 75 ans : difficultés à exprimer douleurs et symptômes, à faire la part entre douleurs dues au vieillissement ou à un cancer, idées reçues sur une urgence moindre (les cancers du sujet âgé évoluent lentement, etc), arrêt du dépistage systématique des cancers du sein ou du colon.

 

A ce titre vous pouvez consulter le Cancer et personnes âgées : guide des (fausses) idées reçues et des (vraies) bonnes pratiques, réalisé par le Centre Hospitalier Régional Universitaire (CHRU) de Nancy.

 

 

Une prise en charge complexe

La maladie souvent repérée à un stade avancé occasionne alors une prise en charge médicale plus lourde, et des effets indésirables plus nombreux et d’autant plus difficiles à supporter que l’âge est avancé. Les options thérapeutiques sont souvent réduites, certains traitements efficaces mais trop agressifs n’étant pas compatibles avec l’état de santé, notamment la présence d’autres affections liées à l’âge (insuffisance respiratoire, rénale ou cardiaque…).

D’autant plus qu’il n’existe pas aujourd’hui de traitement du cancer véritablement adapté aux personnes âgées.

 

Un accès aux essais thérapeutiques trop limité

Le rapport pointe de vraies difficultés comme le manque d’essais thérapeutiques dédiés à cette population, un retard au diagnostic qui hypothèque les chances de guérison et le grand désarroi des personnes malades les plus isolées géographiquement ou socialement.

 

Emmanuel Jammes, délégué « Société et Politique de santé » au sein de la Ligue plaide en faveur d’une recherche spécifique aux personnes âgées : « Il faut développer des essais cliniques pour les plus de 75 ans, avec des protocoles adaptés à leurs spécificités ». Des protocoles permettant de prendre en compte le fait que les personnes âgées « ont d’autres maladies qui accompagnent leur cancer ou qu’elles sont dans une situation de grande fatigue », explique Emmanuel Jammes, ou au moins une meilleure intégration aux essais existants.

 

Si aujourd’hui 1/3 des cancers touche les plus de 75 ans, cette proportion passera à 1/2 d’ici 2050. Ce constat doit interroger dès à présent la société et ses acteurs sur la nécessaire évolution de la prise en charge des personnes âgées.

 

 

Source : la Ligue contre le cancer

Pour en savoir plus consultez le site de la Ligue contre le cancer, ou consultez le rapport.

 

Mise en ligne le 31 juillet 2017